L'art du motif sans couture
Chaque motif Norrviva est dessiné à la main, par une seule personne. Karolina Reit commence au crayon, dessine un motif, le redessine, et ajuste les pièces jusqu'à ce que l'ensemble se répète sans couture visible. Cacher ce raccord, c'est la difficulté, et c'est le but : un motif abouti doit sembler avoir poussé, pas avoir été planifié. Sur un mur, il paraît continuer sans fin, les feuilles tournent, les fleurs se penchent, et rien n'arrête l'œil.

Karolina et Jérémie, devant leur papier peint Citrus Vibrant Bloom
Le crayon et la tuyauterie
Norrviva, c'est deux personnes. Karolina Reit dessine les motifs ; elle enseigne aussi, comme directrice pédagogique à Hantverksakademin, l'école suédoise des métiers d'art. Jérémie Hoffsaes fait le reste ; il appelle ça la tuyauterie. Ils l'ont fondée ensemble en 2022, réunis par les mêmes choses : le motif, la couleur, et une manière suédoise du design qui a de la grâce et une pointe de jeu.
Ce qu'elle rapporte à la maison
Karolina a grandi dans le Hälsingland, une région de pièces peintes et de fermes décorées. La plupart de ses motifs commencent par des photographies : une fleur, la sculpture d'une vieille façade, les petites plantes marines du rivage de Gotland, la gravure d'un bocal chiné en loppis, la brocante suédoise. Elle les garde un temps, puis dessine à partir de celles qui tiennent encore.
Quand le crayon ne veut plus s'arrêter
Entre une photographie et un raccord abouti, il y a des dizaines d'études au crayon. Karolina redessine la même feuille, le même pétale, en déplaçant un angle de quelques degrés, en essayant comment une forme s'appuie sur la suivante. Certaines études prennent quelques minutes à la table de la cuisine ; d'autres un après-midi, et la plupart ne quittent jamais le carnet. La main continue au-delà de la réflexion, corrige à la sensation plutôt qu'au plan, jusqu'à ce qu'apparaisse une version qui semble avoir toujours été là.
Une recette unique pour chaque couleur
La couleur prend plus de temps que le dessin, et chaque coloris est un problème à part. Pour Citrus en Lapis Blue, Karolina voulait le bleu profond d'un ciel du sud, à la minute saturée juste avant la nuit ; le nom vient de cette profondeur, le bleu du lapis-lazuli. Elle mélange ses acryliques à la main jusqu'à la bonne nuance, puis l'envoie au coloriste de la fabrique, qui la reproduit pour la presse et renvoie une épreuve. Il faut en général quelques allers-retours avant que le papier tienne la couleur qu'elle avait en tête.

Karolina pose Frodas
La presse qui prend son temps
Longtemps, les motifs n'ont eu nulle part où être imprimés comme il faut. Puis ils ont trouvé l'équipe d'Ulricehamn, et sa presse : une vieille machine qui donne à la couleur sa profondeur et laisse ces petites marques irrégulières qui font qu'un lé diffère légèrement du suivant. Le même artisanat existe sur tissu, sur une autre machine ; c'est la prochaine étape de Norrviva : une collection textile pour 2027.

















